Grèce : Crise économique, foutez leur la paix !

Drapeau de l'UE brûlé devant le parlement grecque le 1er mai 2013

Drapeau de l’UE brûlé devant le parlement grecque le 1er mai 2013

Depuis trois ans, on entend parler de la Grèce. Ce vieux pays d’onze millions d’âmes défraie la chronique. On a vu, lu et entendu les analyses économiques les plus poussées des experts, les théories de complot les plus développées de tous les populistes. Les réunions, colloques et séminaires les plus loufoques de toutes formes de structure.
Oui, tout le monde a essayé de tirer profit de la situation de ce pays.
Oui moi l’analyse que je vais vous faire est celle que j’ai eu donc elle est totalement subjective. Si vous y trouvez des éléments objectifs, ça sera du pur hasard.
Le contexte est simple j’attends mon ami Nikos, pas celui dont je vous parlais la dernière fois, un autre (je vous l’ai déjà dit, un garçon sur trois s’appelle comme ça). Pendant que je l’attendais au Jimmýs Cofee, Valaoritou Street, Kolonaki, j’écoutais tout ce qui se disait et j’observais. J’ai vu un Pope (prêtre orthodoxe) bénir un mec bien bronzé qui avait dans une main un gros cigare et dans l’autre son chapelet. La taille du cigare et sa façon de le fumer mettait les deux dames beaucoup moins âgées que lui dans un état second. Ces deux filles étaient entre les jumelles et les clones. Et là, au moment où mon ami arrive, j’entends comme venu des profondeurs : « moi je ne comprends pas grand-chose en politique ou en économie, mais c’est bien de la merde ce qu’ils ont fait dans ce pays. »

Je partage parfaitement ce point de vu. Au moment de l’entrée dans l’UE, le gouvernement grec décide de satisfaire par tous les moyens les exigences de l’Union européenne. Ainsi, on a assisté à toutes les formes de maquillage et de camouflage possible : maquillage des comptes publics, camouflage des problèmes structurels de l’économie et de l’administration publique, oubli volontaire des problèmes sociaux…

La croissance par intraveineuse hormonale

Le problème du dopage est qu’on augmente le volume musculaire, la force, l’endurance mais que lorsqu’on arrête de se doper, les muscles non seulement reviennent à leur niveau initial, mais se fatiguent plus vite.
L’entrée de la Grèce dans la zone euro ressemble à un vaste réseau de dopage. Le pays a bénéficié pendant sept ans du meilleur taux de croissance de la zone. Hasard du calendrier, cela correspond aux sept ans où Armstrong a gagné le Tour de France. Le pays a pu bénéficier de capitaux à des taux privilégiés (dopage). Mais cela n’a pas été accompagné de réformes en profondeur. Oui, on ne change pas une façon facile de gagner. Premier signe inquiétant, les exportations de la Grèce n’ont jamais atteints 30% de son PIB (contre 63% en moyenne dans la zone euro). Deuxième signe, son marché intérieur de 12 million d’habitants ne lui offre pas d’opportunités de croissance. Troisième signe, l’absence d’innovation liée à la quasi-absence d’investissement dans la recherche et la création de TPE/PME.

Quant au climat social, je vous le fais vite. Les jeunes Grecs sont parmi les plus diplômés d’Europe mais sont très touchés par la précarité et le chômage. On a eu la « génération 700 euros » à la fin de l’année 2008 (aujourd’hui ils sont à 300 euros). Le dialogue social est quasi inexistant chacun préférant camper sur ses positions.

La normalité de l’endogamie

Dans tous les pays européens, on rencontre le même problème, l’élite se reproduit et accepte de moins en moins les transfuges créant ainsi un véritable problème pour l’avenir de la démocratie.
En Grèce, il normal que le petit-fils, qui porte le prénom du grand-père, ancien premier ministre, qui est également fils de premier ministre devienne lui-même premier ministre.
En quarante ans, seules deux familles ont dirigé la Grèce et avec les même prénoms ou presque.
Personne n’a donc envie de faire des efforts car aucun espoir de changement, aucune évolution n’est possible.

Le silence coupable de la commission européenne

Les technocrates (ou buros ou trouducs) de la commission européenne qui sont amis avec les dirigeants de nos pays car ils ont fait les mêmes études, souvent dans les mêmes écoles, mieux encore ils ont travaillé dans les même entreprises et encore mieux continuent à travailler pour ces entreprises, sont chargé de surveiller leurs actions. Leur seul mandat est qu’à 17 ans ils ont réussi des concours dont 99% de la population ignore l’existence.

Ces messieurs (oui, c’est assez « testostéronique ») se retrouvent à donner de l’argent, évaluer et éventuellement sanctionner leurs amis. Alors quand les un cachaient les informations, les autres nous cachaient le fait que leurs amis nous cachent la vérité. Ainsi, quasiment rien n’a filtré avant la crise.
De plus, l’argent qu’on donnait à la Grèce, on le récupérait directement. Pour s’en rendre compte, il suffit de regarder le nombre de boutiques spécialisées en produits de luxe français, le nombre de berlines allemandes, le nombre de sociétés d’armateurs immatriculés à Londres…
Il est donc pour moi hors de question que les grecs seuls payent. Les premiers à faire payer et à traduire en justice sont les différents présidents de la commission et leurs collaborateurs puis les dirigeants grecs.
Ça rendra une certaine justice aux Grecs qui ont tout perdu ou qui ont tout à perdre.

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A propos Baki Youssoufou

Je suis: - Fondateur de We Sign It - Porte-Parole de Active Generation - Porte parole de #QuoiMaGueule collectif pour en finir avec les contrôles au faciès Français d’origine Nigéro-Sierra-Léonaise, je travail dans des mobilisations sur internet, La technopolitique et le Radical community-management. Etude de Banques et risques des marchés financiers puis économie sociale et solidaire. Syndicaliste étudiant puis président de la confédération étudiante. Plusieurs combats étudiants comme par exemple la circulaire Guéant sur les étudiants étrangers.j'ai participe aux printemps arabes et africains (Tunisie, Egypte, Sénégal, Côte d’Ivoire….). J'ai participé à #NuitDebout et je suis co-auteur de #32Mars. Je suis radical social média stratégiste inspiré par les mouvements citoyens des villes espagnoles.
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