Petite histoire d’un racisme ordinaire

racisme-anti-chinois-paris-300x150 dans Agressions contre les chinois en FranceLorsqu’on vit en Occident surtout France  et qu’on est noir comme moi, on apprend à détecter les propos racistes. Vous savez ces phrases qui semblent te mettre en valeur mais qui finissent par te blesser car on te réduit à la taille supposée de ton sexe, à une vitesse de course ou encore mieux à ton supposé rythme dans la peau. C’est comme ça que les noirs en France finissent par détecter les racistes déguisés en faux amis ou les amis qui deviennent de faux racistes car ça les arrange de te renvoyer à ta couleur de peau. C’est simple, facile et gratuit.

Manger son entrecôte à coté des cons, quelle misère !

C’est un jour ordinaire sur la place parisienne, pas de manif, pas de catastrophe naturelle ou même d’attaque terroriste ish lam nisct ou de l’ultra-gôche. Même le président était remonté dans les sondages et la « progression de la courbe du chômage était en baisse ». Je me suis dit que j’allais me faire une entrecôte, Badoit (c’est un kif perso). J’étais plongé dans mon entrecôte saignante, quand tout à coup à coté de moi un groupe de personnes, cinq au total, éclate de rire. Car une des personnes du groupe, une dame la quarantaine, ce genre de personnes tellement sûres d’elles qu’elles le sont même dans la connerie. Cette personne avait sorti une de ces conneries  qui faisait bien marrer ses collègues. Elle venait de dire : « c’est vraiment la crise même les Chinois fouillent dans les poubelles ». Oui à cette phrase « hors dit nerf » je voyais se défiler tout un tas de racismes ordinaires qui circulent sans que personne ne s’indigne. Je les ai regardés mais ils ne voyaient pas le problème. Car eux, ils n’étaient pas racistes, d’autant plus que dans leur groupe il y avait un quelqu’un typé maghrébin (comprendre arabe) et une autre typée africaine (comprendre noire). J’ai décidé de tenter une déconstruction de leurs préjugés.  Je tente un truc à la Joëlle Bordet (vous ne la connaissez pas  mais je m’en fous) Là, je me dis : « mon Baki à toi » alors je leur ai dit : « il n’est peut être pas Chinois, il est peut être Limousin comme tout le monde. » Cette phrase provoque encore plus d’éclats de rire. Cela me met hors de moi et j’essaye une méthode plus « civilisée » : je les traite de bande de bofs. A cela, l’arabe me dit : « mon frère, il ne faut pas voir le racisme partout ! » « Madame je me la pète dans mes conneries » ajoute : « tu vois bien qu’on ne peut pas être raciste et trainer avec eux » en montrant la jeune fille noire et le jeune homme maghrébin. J’ai jeté l’éponge car ce resto est mon QG et je ne voulais pas m’y afficher.

J’ai demandé l’addition et me suis tiré presque honteux. Mais depuis ce jour, je rencontre très souvent ce type de remarques minables et je m’excite tout seul car les gens s’en foutent.

L’indifférence métropolitaine

Un jour dans la ligne 2 du métro, entre Avron et place Clichy, j’essayais de lire mon journal gratuit (comme d’hab) quand comme dans un songe j’entends dans une voix mélancolique, indolente et lente, le chant d’une dame. Elle chantait dans une langue que je ne connaissais pas. Mais à la mélancolie de sa voie et au spleen de son expression, je me suis imaginé qu’elle devait chanter un très vieux chant d’amour de chez elle. A moins que ça ne soit un chant traditionnel qui évoque la souffrance des hommes et qui implore la protection des ancêtres. A moins que ça ne soit une composition personnelle récente où elle raconte son propre parcours, de son pays à ce métro. Pendant que je cherchais la meilleure histoire pour cette chanteuse comme sortie d’un coma par un seau d’eau j’entends un gros MCHUUUUUUUUUHH. Vous savez ce bruit bizarre et expressif de la bouche dont seules les mères africaines ont le secret. Le type de bruit qui fait sursauter n’importe quel Africain. A cela, elle ajoute : « Depuis quand Chinois là même fait mendiant ? », sa copine répond : « himmmm ma sœur, on voit tout dans pays là deh. »

Je décide cette fois de leur rentrer dedans. Oui je leur suis rentré dedans plus violement peut être parce qu’elles sont noires et que je suis encore plus subjectif quand un noir commet un acte raciste et ma réponse était à la hauteur de mon énervement. Je me suis planté droit devant elle pour dire « les Chinois font mendiants depuis que les noires comme vous sont devenues racistes et idiotes ». Tout le monde dans la rame baissa les yeux pendant que les deux matrones à la tête de mac m’insultaient. Je ne lâchais pas l’affaire. Elles ont requalifié le métier de ma mère (elles m’ont traité de fils de pute quoi) et ont mis en cause mon ascendance (bâtard) et je leur ai répondu par tous les jurons que je connais.

Un monsieur plutôt la cinquantaine, m’attire vers la porte et me dit « mon petit, laisse tomber » ! Une fois dehors et hors de portée des deux autres croque-morts, il me lâcha comme pour se confesser : « Je suis Réunionnais mais on me traite toujours de Chinois ici. »

C’est juste une petite histoire ordinaire comme il y en a certainement des centaines. Mais j’avais juste envie de vous la raconter.

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A propos Baki Youssoufou

Je suis: - Fondateur de We Sign It - Porte-Parole de Active Generation - Porte parole de #QuoiMaGueule collectif pour en finir avec les contrôles au faciès Français d’origine Nigéro-Sierra-Léonaise, je travail dans des mobilisations sur internet, La technopolitique et le Radical community-management. Etude de Banques et risques des marchés financiers puis économie sociale et solidaire. Syndicaliste étudiant puis président de la confédération étudiante. Plusieurs combats étudiants comme par exemple la circulaire Guéant sur les étudiants étrangers.j'ai participe aux printemps arabes et africains (Tunisie, Egypte, Sénégal, Côte d’Ivoire….). J'ai participé à #NuitDebout et je suis co-auteur de #32Mars. Je suis radical social média stratégiste inspiré par les mouvements citoyens des villes espagnoles.
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10 commentaires pour Petite histoire d’un racisme ordinaire

  1. nasser dit :

    merci pour ces petites histoire baki c’est surement grâce à des gens comme toi que l' »on » peut avancer […]

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  2. Ahmed dit :

    J’espère ne jamais apprendre à détecter le racisme « ordinaire »…

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  3. Pascaline dit :

    Samedi, gare de Lyon. Je m’apprête à monter dans le métro. Deux hommes sont face à face, l’un veut monter, l’autre descendre. Mais aucun d’eux ne se décale pour laisser passer l’autre. Scène irréelle qui dure une trentaine de seconde. Puis celui qui était sur le quai (visiblement arabe) s’énerve, insulte l’autre (un rouquin à l’accent étranger, peut-,être polonais), lui dit des phrases incompréhensibles « t’assumes pas », « ça te déranges, c’est ça? »… Je ne comprend rien à la scène. Il finit par s’en aller en shootant dans le siège du « polonais » qui avait finis par monter dans la rame. L’autre s’en vas. Un troisième homme regard le « polonais » interloqué » et le questionne du regard. Celui-ci répond, en cherchant des regards approbateurs auprès des gens qui sont autour « pd d’arabe ». Scène de racisme ordinaire qui amène les gens a se battre sans autre motif aucun, et en l’assumant pleinement. Sinon, il y a un livre intéressant « Plantation memories » de Grada Kilomba, une psychologue qui compile et analyse les scènes de racisme ordinaire à travers une approche psychologique. Ces femmes parlent des inconnus qui viennent toucher leurs cheveux pour les admirer, « quels beaux cheveux afro », leur laissant le sentiment d’être un chien que l’on vient caresser, des gens qui viennent leur demander d’où elles viennent alors qu’elles viennent d’ici, des hommes qui les sexualisent, des femmes qui les prennent pour une menace…
    **

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  4. Mariana Lins dit :

    Muito bom os textos, fazer as pessoas refletirem sobre os atos, que muitas vezes se tornam comuns, passam sem perceber aos que praticam, mas afetam profundamente quem vive como protagonista desta história, que nos deixa indignados, por estarmos em pleno séc. XXI.

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  5. Svetlana dit :

    Ici, en Montreal (Quebec) pas d’un racisme ordinaire!

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  6. camille fwix dit :

    Salut copain,

    petite histoire récente (dimanche 15 sepetembre) du racisme ordinaire, mais avec des conséquences amusantes (oui, je préfère rigoler que pleurer) et démesurées.

    Un vol de Air Caraibes au départ de Fort de France à destination de la France a dû faire demi-tour après une 1h30 de vol car une passagère avait alerté l’équipage de la présence d’une bombe dans l’avion. En effet, cette brave dame (une métropolitaine) avait entendu 4 passagers suspects (des arabes) parler arabe entre eux.

    L’avion a donc fait demi-tour, accueilli sur un aéroport bloqué, avec tireurs d’élite sur les toîts, fouille totale de l’appareil, des bagages et des passagers, arrestation et placement en garde à vue des 4 terroristes qui se sont avérés être des commerçants martiniquais «d’origine palestinienne et libanaise», qui faisaient souvent le voyage afin de rencontrer des fournisseurs et qui, voyageant ensemble avait utilisé «leur» langue

    #NoComment ?

    au-delà de ce que cet « anecdote » révèle du racisme ordinaire et quotidien de nos compatriotes (au sens large), celle-ci pose également la question des médias comme catalyseur et amplificateur de ce genre de choses, typiquement si l’incident (l’alerte à la bombe) a été relayé par la presse locale et nationale, son dénouement (la cause réelle) a, à ma connaissance juste été évoqué sur les radios aux Antilles)

    http://www.martinique.franceantilles.fr/actualite/faitsdivers/alerte-a-la-bombe-sur-un-vol-air-caraibes-221026.php?pos=2

    amicalement et librement,

    Fwix

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  7. Guy Salmona dit :

    Oui tout çà c’est du racisme dit « ordinaire » !
    Oui, tout çà est très con !
    Mais… je te cite Baki : « …je suis encore plus subjectif quand un noir commet un acte raciste et ma réponse était à la hauteur de mon énervement… ». Paradoxe non ?
    Le racisme, le vrai, est viscéral, théorisé, politisé, il a ses inspirateurs et ses théoriciens. Il nous renvoie les images les plus sombres de notre histoires.
    Ce que l’on appelle le racisme ordinaire est celui qu’hébergent la vue basse et la connerie ordinaire. Dans cette vie sans repères et sans perspectives pour beaucoup d’entre nous, il traduit surtout une réelle difficulté à vivre ensemble.
    Lorsqu’on ne s’aime pas soi-même, n’est-il pas commode de se trouver un prétendu inférieur ?

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  8. tinathina2013 dit :

    Thanks for sharing your story Baki! It made me think about race in the United States, and more broadly. Here are a few of my thoughts on the topic.

    The power of racism (and other forms of discrimination) lies in its ordinariness. A seemingly benign comment, a subtle but powerful stare, or a sudden shift’s in one’s posture may first appear as mundane everyday actions of human beings. However, when we take a closer look at the layers of complexity that underlie these ordinary practices, we can see an interconnected global system of classifying, marking, moralizing, and sadly dehumanizing human beings into hierarchies and grids of difference. Although people have been controlling each other in various ways and to varying degrees throughout history, the global capitalist system that informs so much of what we think about race, ethnicity, gender, sexual orientation, and even beauty and body size was built on deeply entrenched historical social hierarchies and racial inequalities. As a result, ordinary acts of discrimination are normalized and expressed in many different forms; in fact if you pay attention, it is impossible to escape them. And, it is through these everyday actions and the unchallenged beliefs that this system operates and maintains it power.

    For example, in the United States, racial hierarchies are so deeply embedded in the founding of the country and violently persist through institutionalized forms of racism found in unequal access to education and health care, widespread and most often indiscriminate imprisonment of minorities, and increasingly the acceptance of murder with impunity. But, racism is one dimension of multiple intersections of discrimination; you have to consider gender, ethnicity, class, education, sexual orientation, disability, and even body size. The point is there are layers upon layers of discrimination that range in the level of violence and intensity depending on who you are, where you are and what perspective you take. To effectively combat one, we must recognize the interconnectedness of them all.

    So, how do we create an awareness of the global and institutionalized structures of racism and then link them to those simple statements and ordinary actions that happen in our everyday lives? How do we get past racism that is saturated with fear, ignorance, moral indignation, helplessness, and the intense hatred that is fed by the insecurity or drive to hold power over others? How do you evoke compassion, empathy, and consciousness in people who are content in their privileged state of oblivion? How do we get people to turn to each other for strength against the real political and economic issues that are keeping all of us down rather than turning on each other to feel some sense of control or power? One way to do it is one person at a time.

    The reality of discrimination in all its forms is overwhelming to say the least; but I believe there are things that we can do in our everyday lives, in the ordinariness of our actions. And I think Baki’s story demonstrates them clearly. First, it is key that everyone understands that we all belong to this global system and an act of violence against one of us will affect us all. Second, we need to be aware of the social hierarchies and unequal layers of difference that divide us, and challenge our assumptions as we try to free ourselves from these destructive patterns of thinking and behaving. People who endure countless acts of racism are painfully aware of this reality, but they too can contribute, as Baki did, by confronting other forms of discrimination within their communities. To combat the power of racism, whites need to reject supremacy and the privileges it grants us by expanding our consciousness, engaging in self-critique, and having the courage and the willingness to say the wrong thing, and then humbly accepting the correction. It also involves calling out white liberals who claim they are not racist because they have a black friend, buy fair trade, or eat Asian food, not unlike the woman at the restaurant in Baki’s story and push them to go deeper and truly confront their racism.

    There are so many levels of privilege and of discrimination, if we each respond by speaking out against the racism, by holding people responsible for their acts of symbolic and physical violence, and by facing our own internalized forms of discrimination, we can use our ordinary everyday interactions to transform the complex and globally interconnected system that informs how we see each other as human beings.

    Tina Palivos

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  9. Jackie dit :

    Tina,

    I agree with your approach to racism by viewing it through the subtle and daily actions. Racism really isn’t a big vague concept or action. Its strength really is in daily subtle gestures, our daily interactions. By “normalizing” these actions we have in some way accepted them. That’s the startling part. That we live in a society where such subtle acts of discrimination are a “normal” part of our daily lives.

    In the second paragraph, I would differentiate on your opinion. I would say that discrimination is one dimension of multiple intersections of racism. And that racism has come to encompass all the other dimensions (gender, ethnicity, etc.) Although I do understand where you are coming from because to be politically correct it is race-ism, meaning discrimination against ones race. I just feel like discrimination, as a term does not fully encompass what that phrase of multiple dimensions and intersections is trying to get at and also racism as a term has come to be generally viewed as what the term discrimination is.

    Somewhere along the line you mention how intense hatred is fed by the insecurity or drive to hold power over others. That is spot on. Racism and all forms of discrimination are basically powered by the innate need to hold and execute power over others. The egos need to feel superior, to have power over “the other.”

    Moving along, it really is as you said a privilege to be oblivious. And it’s alarming how content we as people feel when in oblivion. It feels good to be comfortable, no matter what that comfort pertains to. Comfort has no bias concerning the negative or positive. Comfort is generally accepted as a good state to be in, and that’s why we rarely question it.

    In your lasts paragraphs you mention how to combat the power of racism whites need to reject supremacy. Well I’d like to add that to combat the power of racism, the victims must reject and overcome the victim mentality. We must not wait on the “whites” to “own up and account for their actions” or to “realize their wrong doing.” It’s not just about them. And it’s not just up to them. We must also take account and take responsibility for our own actions. For our own mentality.
    We must stop looking up to the “white” man or even just the “other person” to fix the problem. This is exactly how you keep “a people” down. By making them feel inadequate. Making them feel they have no option because they are the problem. How can you fix something you believe is out of your hands, out of your league, out of your possibility?

    Just my humble spur of the moment thoughts.

    Tina thank you for giving me the opportunity to be challenged!

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  10. Alain BERRUX dit :

    Je ne vais pas raconter ma petite scène de  » racisme  » ordinaire, chacune est à pleurer sur la connerie et la saloperie humaine…
    Les scientifiques ont montré que si l’on faisait un panorama visuel des couleurs de peau de l’ensemble des humains, il irait sans discontinuité du plus clair au plus foncé..Mais si le raciste  » décomplexé  » place artificiellement des ruptures entre les  » races  » basées explicitement sur la couleur de la peau (quitte par exemple à inventer la couleur grise pour parler des  » arabes « ), cependant le racisme est d’avantage qu’un code et une hiérarchie des couleurs de peau, car l’implicite raciste prend en compte d’autres marqueurs physiques, culturels, religieux ou de statut social.
    Cependant, même si le combat anti-raciste dans le champs fantasmatique des couleurs de peau est légitime de la part de personnes discriminées (cf. le beau slogan  » black is beautiful « ), j’aimerai que l’on puisse dépasser un combat purement défensif et éviter les commentaires  » anti-racistes  » qui pensent les hommes égaux quelles que soient leurs origines, mais qui inconsciemment font le lit du racisme ordinaire en restant dans une vision  » racialiste  » de l’humain, ce que l’on fait en disant je suis blanc, je suis noir, je suis arabe (qui ne renvoie pas ici à la géographie, pas plus que l’hypocrite concept outre-atlantiste d’afro-américain). J’ai personnellement – en autres particularités physiques visibles – la peau relativement claire, mes ancêtres les plus proches étant originaires des Alpes, les autres plus lointains je ne sais pas, et je ne m’en préoccupe pas… Mais il ne me viendrait pas à l’idée de me décrire ni de me penser de manière  » raciale  » : il y des humains de nationalité, de cultures différentes, appartenant éventuellement à des ethnies ou à des groupes différents , mais tous avec un génotype commun et la couleur de la peau, bien visible, devrait n’être qu’un marqueur d’identité assez anodin car très peu corrélé avec les minuscules différences génétiques…
    Il n’y a qu’une race humaine sur terre.

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