La religion, meilleur alibi des criminels et des cons

Mauritanie, Silence, on tue (tranquillement) !

La discussion commence comme un cauchemar, on parle de la baisse du nombre de mort sur les route en Europe et tout d’un coup on se retrouve à parler dictateurs, Boko Haram, AQMI, ebola, Anti Balaka, Shebabs, Ebola… Oui, quand deux personnes d’origines africaines se rencontrent en ce moment, c’est un inventaire macabre de ce qui tuent le plus sur le continent. Alors quand c’était au tour de la Mauritanienne de parler, elle nous récite ce poème qu’on pourrait titrer « Quatre millions de Maure vivants en Mauritanie »

En Mauritanie, la faim, le terrorisme, ebola ou l’islamisme ne sont pas les dangers les plus mortels.

Ici,

– tu es démocrate, tu meurs,

– tu es défenseur des droits humains, tu meurs,

– tu défends un démocrate, tu meurs,

– tu critique le président Mohamed Ould Abdel Aziz, tu meurs,

– tu es journaliste indépendant, tu meurs,

– tu es blogueur, tu meurs,

– tu regardes de travers un imam de la caste des zawayas (arabo-berbère), tu meurs,

– tu critique l’esclavage, tu meurs deux fois.

Ici, nous sommes 4 million de morts-vivants ou de vivants-morts selon.

C’est ce qui risque d’arriver dans l’indifférence total des Africains à Mohamed Cheikh ould Mohamed Mkhaïtir condamné à mort pour avoir critiqué l’utilisation de la religion pour imposer l’esclavage et la domination de la société des castes.

Aux siècles de Zemmour et ses amis

Sans être spécialiste de l’histoire ou de je ne sais quelle autre spécialisation, on peut dire sans trop se tromper que l’esclavage, c’est à dire la vente d’êtres humains à un autre être humain, qui peut le réduire à la condition animale ou presque, s’est beaucoup plus développé dans les sociétés sédentarisées. La religion est souvent le meilleur allié des hommes dans cette entreprise. Sous prétexte de mission divine, de respect de préceptes ou encore de traditions pourries, certains décident de réduire en esclave d’autres humains. L’utilisation de la religion va même jusqu’à convaincre ceux qui subissent de considérer leur situation comme une bénédiction de « Dieu ».

Je ne m’attarderai pas sur le soutien par action ou inaction de l’Eglise pendant des siècles à l’esclavage et au commerce des Noirs.

Je sais que certains membres de l’église se sont battus pendant des siècles contre l’esclavage. Mais ce n’était certainement pas la majorité.

logo photo med cheich (1)

Commencer par balayer devant sa case

La récente condamnation à mort pour apostasie d’un jeune homme en Mauritanie révèle une réalité souvent ignorée, celle des castes et des esclaves dans la plupart des pays du Sahel. Le sommet de ces « traditions » stupides et barbares est atteint en Mauritanie. Ici, on compte deux groupes distincts qui composent la population (quatre millions d’âmes) : les Maures d’origine arabo-berbère et les Afro-Mauritaniens, originaires d’Afrique subsaharienne, subdivisés en castes, allant des nobles Zawayas (chefs, marabouts) aux castes inférieures (forgerons, tisserands, potiers, cordonniers…). Et au bout de cette chaîne macabre, les esclaves. Devine la couleur de leur peau? Tic ! Tac ! Tic ……Tac !

Ici, les hommes se disent chargés d’une mission divine et dotés de pouvoirs mystiques pour exploiter d’autres hommes. La plupart du temps, les régimes totalitaires en place avec l’aide de quelques clans mafieux utilisent ces prétendues traditions pour maltraiter, un peu plus, leur concitoyens.

C’est ce qui arrive à Mohamed Cheikh, un blogueur et journaliste mauritanien qui milite contre l’esclavage et la société des castes en Mauritanie. En 2013, il a écrit une tribune dans laquelle il dénonçait l’utilisation de la religion musulmane pour justifier l’asservissement des Noirs et de toutes les personnes issues de castes en Mauritanie.
Pour cet article, les islamistes et le régime autoritaire mauritaniens ont décidé de le faire condamner à mort pour apostasie et blasphème. Pour servir d’exemple, comme ils disent. Pour s’en assurer, ils mettent la pression sur ceux qui seraient tentés de le défendre. Ainsi, les avocats qui se sont portés volontaires pour la défense de Mohamed Cheikh ont subi de violentes pressions de la part de la société ainsi que de la part des organisations religieuses extrémistes. Ils ont depuis été remplacés par des avocats commis d’office. Oui, on put être condamné à mort avec un avocat commis d’office.

Les fatwas pleuvent également sur les défenseurs des droits de l’homme mauritaniens qui parlent de cette affaire. La dernière en date est celle la militante mauritanienne, Aminetou Mint El Moctar, visée par une fatwa la condamnant à mort. Son seul crime : avoir pris la défense de Mohamed Cheikh Ould Mohamed.

Pour soutenir les activistes mauritaniens, 100 militants africains ou d’origine africaine, de toutes croyances, issus de 40 pays, ont décidé de se mobiliser contre cette condamnation injuste et intolérable. Nous avons adressé une lettre ouverte en français et en anglais à Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, Président de la République Islamique de Mauritanie et Président de l’Union Africaine,
Pour demander :
1) La libération immédiate et sans condition de Mohamed Cheikh ould Mohamed Mkhaïtir.
2) Garantir sa protection contre tout acte de torture et mauvais traitements.

Vous n’avez plus qu’à signer cette lettre ouverte et à la diffuser en MASSE.

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A propos Baki Youssoufou

Je suis: - Fondateur de We Sign It - Porte-Parole de Active Generation - Porte parole de #QuoiMaGueule collectif pour en finir avec les contrôles au faciès Français d’origine Nigéro-Sierra-Léonaise, je travail dans des mobilisations sur internet, La technopolitique et le Radical community-management. Etude de Banques et risques des marchés financiers puis économie sociale et solidaire. Syndicaliste étudiant puis président de la confédération étudiante. Plusieurs combats étudiants comme par exemple la circulaire Guéant sur les étudiants étrangers.j'ai participe aux printemps arabes et africains (Tunisie, Egypte, Sénégal, Côte d’Ivoire….). J'ai participé à #NuitDebout et je suis co-auteur de #32Mars. Je suis radical social média stratégiste inspiré par les mouvements citoyens des villes espagnoles.
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